Faut-il interdire les fast-foods près des collèges et des lycées ?

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Faut-il interdire les fast-foods près des établissements scolaires ?

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Contexte : Interdire la construction de fast-foods à moins de 200 mètres des écoles ? C’était le projet du député Philippe Folliot* pour mieux lutter contre l’obésité chez les jeunes. Son idée a été examinée jeudi dernier à l’Assemblée nationale. Mais la mesure a finalement été refusée par les députés. Au même moment, le Président Sarkozy nommait un « monsieur obésité » pour piloter un plan triennal de lutte. Au menu : davantage de sport à l’école, du dépistage et de la prévention. Prévenir et/ou interdire. Le débat demeure alors même que, d’après les projections, le nombre d’obèses risque d’augmenter de 30% d’ici à 2015 dans le monde.

La restauration rapide près des établissements scolaires visée par un amendement à la loi de modernisation de l’agriculture

On se souvient du débat épique qui avait finalement débouché, malgré la résistance des sénateurs, à l’interdiction des distributeurs automatiques dans les écoles à la rentrée 2005. Le député Nouveau Centre du Tarn, Philippe Folliot, veut aller plus loin et vient de déposer un amendement à la loi de modernisation de l’agriculture discutée ces jours-ci à l’Assemblée. Son idée ? Interdire les fast-foods à moins de 200 mètres des établissements scolaires.

«Je n’ai pas la prétention de régler le problème de l’obésité infantile avec cette proposition, plaide le député, mais il s’agit d’un symbole. Et je m’appuie sur une étude américaine démontrant que l’on observe 5% d’obésité en plus chez les enfants qui ont un fast-food à proximité de leur école.» La législation sur les bars leur interdit déjà de s’implanter à proximité d’un établissement scolaire, même si les bars préexistant à la présence de l’école ne sont pas concernés. D’où l’idée de s’appuyer sur la réglementation concernant les sex-shops, qui eux, sont dans tous les cas interdits.

Pour le Pr Jean-Michel Cohen, nutritionniste et auteur d’ouvrages sur les régimes, «il faut agir, mais pas de cette façon. La boulangerie du coin vend des sandwichs pleins de mayonnaise, tout aussi néfastes, et du Coca-Cola à volonté».

« Un marketing agressif »

Mais le nutritionniste reconnaît la validité du symbole. «Les chaînes de fast-food, admet-il, usent d’un marketing agressif à destination des jeunes et des enfants et créent ainsi une addiction qui est dangereuse. Et la présence de 18% d’acides gras trans (partiellement hydrogénés pour une plus longue conservation) dans leurs frites est éminemment néfaste pour la santé.»

Même si le fast-food ne représente que 2 à 3% de la consommation alimentaire des Français, les spécialistes de l’obésité s’accordent pour y voir un risque pour les jeunes. Mais l’interdiction à proximité des écoles n’est pas forcément la solution, selon le Dr Jacques Fricker, auteur de Bon, sain et pas cher (Odile Jacob), guide de la restauration rapide. «Deux cents mètres, ce n’est rien!, s’exclame-t-il. On espère que les jeunes sont encore capables de les parcourir. Une telle proposition se heurtera au lobbying. Il faut donc mettre en place un système où tout le monde sera gagnant, par exemple un cahier des charges obligeant les établissements de restauration rapide à proximité des écoles, collèges et lycées à proposer des aliments plus équilibrés sous une présentation attrayante.» Pour l’heure, les salades des fast-foods contiennent trop peu de protéines pour rassasier un adolescent, et aucun menu ne les inclut. Mais les nutritionnistes, comme le député, insistent: sans une éducation au goût dans la famille et les écoles, il ne faudra pas attendre de résultat spectaculaire.

Les chiffres à retenir:

-17,8% des Français de 3 à 17 ans étaient touchés par l’obésité ou le surpoids en 2006, selon les chiffres du ministère de la Santé. 3,5% des enfants et 16,9% des adultes étaient obèses. Le surpoids concernait  14,3% des enfants et 32,4% des adultes.

-730 kilocalories sont contenues dans un Big Mac et une petite part de frites (contre 350 kcal pour un classique jambon-beurre). Les besoins journaliers d’un ado, par exemple, sont de 2500 kcal et sont d’environ de 2000 pour un adulte sédentaire et 3000 à 3500 pour un sportif.

                                                                                                                                                                                           G.R

 *Phili Folliot: député du Tarn membre du Nouveau Centre

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